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Crise et opportunité pour les donateurs canadiens (partie 2)

29 mars 2020
Hilary Pearson

La crise de la COVID-19 a créé une immense opportunité de changement pour les donateurs privés. La semaine dernière, j’ai expliqué que des groupes de donateurs privés collaborent pour créer et formuler des promesses de relations plus ouvertes avec leurs bénéficiaires et leurs communautés. Quatre associations de donateurs au Canada ont maintenant élaboré une promesse d’action collective solide qui établit cinq principes directeurs pour les stratégies des fondations pendant et après la période de crise.

Les fondations canadiennes sont encouragées à agir rapidement, avec souplesse et générosité, pour répondre aux besoins de leurs bénéficiaires et de l’ensemble de la communauté. Cette approche est conforme aux voix du secteur communautaire qui sollicitent un engagement de la part de leurs donateurs pour continuer leurs subventions, lever toutes leurs conditions et faire confiance à la capacité de leurs bénéficiaires d’utiliser les fonds en fonction des besoins. On demande également aux donateurs d’augmenter leur financement global et de l’orienter vers la crise au fur et à mesure qu’elle se développe.

La demande de fonds dépassera certainement ce qu’un donateur peut fournir, même si les fondations utilisent plus de dons, comme elles sont exhortées à le faire. Alors, comment pouvez-vous cibler plus efficacement vos fonds limités ? Cela semble évident, mais la meilleure chose à faire est de poser la question à vos bénéficiaires. Dans une série de trois articles récents, le très réfléchi Phil Buchanan du Center for Effective Philanthropy a suggéré que les donateurs devraient établir un dialogue avec l’ensemble de leurs bénéficiaires pour identifier rapidement ceux qui se trouvent dans les conditions les plus précaires — et affecter en conséquence leurs ressources à court terme à ces organisations. Le CEP recommande d’effectuer une enquête rapide auprès de vos bénéficiaires pour leur demander : comment vos activités ont-elles été perturbées ? De quoi avez-vous le plus besoin ? Quelles activités risquez-vous de devoir arrêter ou abandonner si la crise se poursuit ? Un dialogue proactif avec vos bénéficiaires (à moins que vous en ayez des centaines) devrait être une chose relativement simple à faire.

Cependant, d’autres considérations que le maintien du soutien et de la communication avec vos bénéficiaires doivent être prises en compte, bien que celui-ci passe avant tout. En lisant les nombreux commentaires d’experts en philanthropie, je remarque que cette crise ravive le débat dominant concernant le rôle de la philanthropie privée dans notre société. Les fondations devraient-elles consacrer toutes leurs ressources à la lutte contre l’injustice sociale, à la promotion des moins favorisés, à la modification des conditions sous-jacentes et systémiques ? Ou sont-elles incapables de le faire, parce qu’elles font partie de la structure même du pouvoir qui crée l’injustice ? Leur engagement envers le modèle de dotation perpétuelle les empêche-t-il d’agir efficacement, avec suffisamment de ressources, ici et maintenant ? Certains, même au sein de la communauté des fondations, critiquent la réponse à la crise jusqu’à présent, suggérant qu’elle révèle, comme elle le fait à bien des égards, l’incapacité des fondations à réagir efficacement.

Je ne crois pas que cela soit vrai. Nous n’avons pas encore vu ce que les fondations canadiennes peuvent faire. Il est encourageant que les quatrième et cinquième principes de la déclaration commune de l’association des donateurs abordent sans détour la question de la justice sociale. Cette déclaration suggère d’agir maintenant pour l’équité, pendant la crise et à long terme.

Dans l’immédiat, les fondations devraient : « Appuyer les organisations communautaires et faire connaître leurs besoins. Ce qui est particulièrement important pour les groupes en quête d’équité. »

À plus long terme, les fondations devraient : « Investir temps et énergie pour remarquer, montrer et partager avec d’autres de nouveaux moyens et de nouvelles normes afin d’approcher notre travail, qui engendreront un profond changement et favoriseront plus d’équité et de justice, dans les mois et les années à venir. »

Nos actions sont les moyens par lesquels nous rendons nos paroles crédibles. Alors, que faire ?

  • Contactez vos bénéficiaires.
  • Réfléchissez à la façon dont vous pouvez engager plus de fonds (au-delà des 3,5 % de la dotation).
  • Accordez ces fonds supplémentaires a) à des groupes locaux qui essaient de soutenir les besoins énormes durant cette crise ; b) à des groupes intermédiaires comme Imagine Canada qui cherchent à améliorer les conditions de l’ensemble du secteur ; et c) aux efforts nationaux et mondiaux visant à trouver un vaccin et appuyer des organisations mondiales comme WHO et des campagnes mondiales de santé publique.
  • Communiquez. Faites une déclaration publique si vous le pouvez. Signez une promesse collective.
  • Prenez des notes. Préparez-vous pour votre séance de planification stratégique après la crise. Qu’avez-vous appris et qu’allez-vous changer à l’avenir ?
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